Un algorithme immobilier réalise l’estimation à partir de données historiques, de tendances de marché et d’annonces en ligne dans un même périmètre. Il est performant pour dégager une tendance générale, tant qu’il y a des données similaires. Il atteint ses limites dès qu’il s’agit d’évaluer un bien dans sa singularité ou d’évaluer un bien qui ne correspond pas à d’autres biens.
Par exemple : deux appartements identiques sur le papier situés dans le même immeuble, peuvent avoir des valeurs de marché très différentes. Ce qui les distingue ne figure dans aucune base de données.
Vétusté, fonctionnalité des équipements, qualité des matériaux, entretien courant : ces éléments ne s’apprécient pas à distance. La valeur d’un appartement loué et rénové avec des finitions actuelles, n’a pas la même valeur qu’un logement équivalent habité par ses propriétaires, simplement entretenu depuis 30 ans.

Même si les outils d’estimation deviennent de plus en plus performants en intégrant des données précises de la micro situation, seul la visite sur place d’un expert permet de ressentir les détails. Ces détails lui seront utiles pour évaluer le bien mais également pour planifier les visites afin de faire ressortir les plus-values du bien.
Un logement orienté plein sud avec une vue dégagée sur la lac sera au premier abord plus attractif qu’un appartement sombre donnant sur un axe routier. Mais qu’en est-il si sous cette belle terrasse émanent les odeurs des cuisines d’un restaurant ? Les nuisances ou les plus-values de la micro situation n’apparaissent pas dans un formulaire en ligne.
Des plafonds à plus de trois mètres, des moulures d’époque, des corniches, des rosaces, du parquet massif, une cheminée fonctionnelle, tant d’éléments architecturaux atypiques des constructions du 19ème qui ne se reproduisent plus. Avec les nouvelles normes et standards de construction, ces proportions et ces finitions se retrouvent rarement dans un bâtiment neuf. À l’inverse, des logements modernes sont de plus en plus construits avec de grands espaces dégagés et des balcons profonds aux balustrades vitrées qui se prêtent à un aménagement minimaliste. Et que dire d‘appartements dans un immeuble des années 1950, récemment rénovés, dont les balcons d’époque ont été sciés pour être agrandis et modernisés ?
Un courtier professionnel demandera d’office les procès-verbaux d’assemblée générale, les comptes et l’état du
fonds de rénovation. Le courtier professionnel et expérimenté sera également attentif aux assemblées générales extraordinaires. Qui dit assemblées générales
extraordinaires, dit décisions
extraordinaires. Et pour l’acquéreur vaut mieux ne pas être surpris par cette décision si son application arrive après l’acquisition de son bien.
Cela ne signifie pas qu’il ne faut surtout pas acheter, mais qu’il faut tenir compte des décisions qui en découlent dans l’évaluation du bien. Des travaux de rénovation énergétique prévus qui amènent des appels de fonds diminuent la valeur du bien, et à l’inverse, un fonds de rénovation suffisamment doté valorise le bien et peut sécuriser le sentiment de confiance pour les acquéreurs.
Un projet de densification sur la parcelle voisine, une modification de zone ou la construction d’un immeuble qui supprime un dégagement peuvent impacter la valeur d’un bien à court terme. Un algorithme travaille sur les données passées et sur celles que vous souhaitez bien lui transmettre. Un professionnel fera une chose qu’un logiciel ne pourra jamais faire : se promener dans le quartier. Il aidera la voisine à ramasser son sac qui s’est déchiré et apprendra les dernières nouvelles du conseil communal. Un professionnel de l’immobilier se renseignera sur l’évolution de l’affectation de la parcelle et vous conseillera peut-être de ne pas vendre aujourd’hui, mais d’attendre 3 ans, pour vous assurer le meilleur prix.