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paru le 2 novembre à 11:46
Depuis 15 ans, le marché des logements en propriété croissait vigoureusement en Suisse romande. En moins de 5 ans, de nouvelles réglementations ont fatigué cet élan, provoquant une situation que nous tenterons de décrypter dans ces quelques lignes.

Une crise immobilière? Oui, mais de raison !

Le ralentissement du marché de l’immobilier repose sur une conjonction de mesures aux effets plausiblement positifs, contre toute attente. Posséder son toit est le rêve de nombreuses familles suisses, qui ajoutent aujourd’hui à leur projet de vie la crainte de l’altérabilité économique et des piliers de la prévoyance de notre beau pays.

Ainsi, depuis 15 ans, le marché des logements en propriété croissait vigoureusement en Suisse romande. En moins de 5 ans, de nouvelles réglementations ont fatigué cet élan, provoquant une situation que nous tenterons de décrypter dans ces quelques lignes.

La bulle des années nonante est toujours présente dans les esprits. À l’époque, l’envolée des taux d’intérêt avait impacté des propriétaires pétrifiés par cette brutale surcharge usuraire. Nous tremblons encore au souvenir d’une réponse politique qui a sclérosé le secteur d’activité pour plusieurs années.

Aujourd’hui, si l’on ne peut nier une nouvelle tension du marché, il s’agit plutôt d’un atterrissage en douceur ; problématique certes, mais pas mortifère.

De nouveau, ce sont les institutions financières qui ont pris l’initiative avec un train de mesures complexifiant l’accès au logement :

  • augmentation des fonds propres à minimum 10%
  • frais d’achat à payer cash
  • tenue des charges à 5 % calculée par les banques (avec néanmoins une marge de négociation possible)
  • amortissement du 2e rang au plus tard à l’âge de 65 ans

Ces dispositions interviennent en amont du processus d’achat, et — bien que le freinant — ne prennent au dépourvu ni vendeurs ni acheteurs.

Bien sûr, la contraction de la demande entraîne l’attentisme des vendeurs —pour ne pas brader leur bien — avec pour résultat l’assèchement du marché de l’offre. Mais, nous le savons, il y a souvent un bienfait derrière les crises.

Pour cette dernière, nous en observons quelques effets positifs :

  • une maturité accrue dans les projets d’acquisition
  • une meilleure protection du IIe pilier et des épargnants
  • une incitation à la qualité pour les programmes neufs, car la demande étant plus rare, elle est aussi plus sélective
  • des prix raisonnables dans un esprit de transaction serein et réfléchi

Peut-être faut-il passer par là pour apaiser ce marché immobilier souvent agité et pourtant si précieux pour l’économie et le bien-être de notre nation.

À y bien réfléchir, la confluence de l’évolution des habitudes de vie et de l’économie de marché peut engendrer un équilibre propice au bonheur des Hommes et au respect de certaines valeurs, éthiques, sociétales, environnementales. Cela étant, mieux vaudrait ne pas perturber ce fragile statut par une nouvelle couche de lois chronophages et inflationnistes sur les coûts de construction comme la nouvelle LPPPL qui est clairement un début de communisme !

Peut-être est-ce le prélude d’une nouvelle ère… de raison.

Patrice Galland