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paru le 16 décembre à 9:51
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LPPPL – Des lois néfastes, à long terme

Réaction à l’article de Madame Fabienne Freymond Cantone, paru le 5 décembre 2016 dans le
24 Heures à propos de la LPPPL.

Tout comme un certain nombre de citoyens, la députée socialiste Madame Fabienne Freymond Cantone encourage l’Etat à prendre des risques et à se positionner comme promoteur immobilier afin de réaliser des plus-values intéressantes comme il est si bien dit dans son article du 5 décembre.

Les constructeurs immobiliers suivent la tendance et répondent à une demande. Si les constructeurs immobiliers ont permis de faire sortir de terre autant de beaux logements de qualité, c’est que la demande était présente. Celle-ci a été soutenue par une évolution économique du Canton de belle qualité et par des arrivées d’entreprises internationales qui recherchent la qualité du travail suisse, la sécurité locale, le confort de vivre de notre région et le statut de citoyen heureux que nous clamons haut et fort.

Mais les dernières votations sur l’immigration ont donné un sérieux coup de frein. De son côté la FINMA a aussi imposé aux banques des mesures drastiques quand à l’octroi de prêts hypothécaires.

La réaction du marché immobilier a été très rapide et celui-ci a chuté. La baisse des prix de vente se situe aux alentours de 5% à 20% selon la région, et de l’ordre de 15% à 20% pour le segment de la location de qualité. Le marché se régule donc.

Est-ce la mission de l’Etat de prendre des risques et de voir son patrimoine évoluer de la sorte : NON. La mission de l’Etat est de fixer un cadre clair et non d’offrir du logement à la population. Il doit mettre en place des conditions stimulantes, donner des impulsions positives. Toutes les nouvelles lois de restriction que propose l’Etat sont absolument néfastes mais malheureusement pas à court terme, elles se remarquent sur le long terme.

Deux exemples :

  • Le Canton de Genève est une ville avec des entreprises internationales, des hauts revenus ! Malheureusement ce canton est doté de la LDTR (Loi sur la démolition, transformation et rénovation) ainsi qu’un droit de préemption sur des terrains à bâtir en faveur de l’Etat. Résultat des courses, cette ville toute splendide pourrait-elle être, est mal entretenue, mal rénovée et dispose de loyers extrêmement chers en raison de la rareté des objets et du frein à la construction.
  • En 1985, le peuple vaudois a aussi accepté la LDTR. Aujourd’hui, elle devrait réguler la transformation et les rénovations. Elle a tout simplement freiné le marché, freiné les nouvelles constructions et a retardé les rénovations d’immeubles.

Il est erroné de dire qu’une loi déploie un certain nombre d’outils pour stimuler la construction de logements : seuls la motivation, la stimulation et la persévérance des humains sont là pour ce faire.

En l’occurrence cette nouvelle LPPPL rajoute une couche supplémentaire au carcan administratif qui ne va que freiner l’engouement, bloquer très clairement les rénovations et nous serons à même de le découvrir que dans 5 à 10 ans. Mais il sera trop tard, la loi aura malheureusement été acceptée par une réflexion momentanée alors qu’une loi est établie à jamais…

Je voterai non à la LPPPL le 12 février 2017.

Patrice Galland

 

Lien de la page « Courrier des lecteurs » dans le 24 Heures du 16.12.16

Lien de l’article « Les logements trop chers, ça suffit ! » de Mme Fabienne Freymond Cantone du 05.12.16